La Chine ripostera si l’UE maintient l’interdiction de Huawei

La Chine pourrait riposter contre des entreprises de l’Union européenne telles que Nokia et la société suédoise Ericsson si la demande d’interdire Huawei continue de gagner du terrain dans les pays de l’UE, rapporte le Wall Street Journal.

Huawei est le plus grand fabricant d’équipements de télécommunications au monde et l’un des pionniers de la prochaine étape de l’Internet, la technologie 5G. Toutefois, même si l’entreprise dispose d’une technologie aussi révolutionnaire, Huawei est confrontée à une grave crise d’identité, en raison de ses liens prétendument étroits avec le gouvernement communiste chinois, qui la lient encore davantage au parti communiste chinois.

Une pression globale

Les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et certains pays de l’UE ont déjà complètement interdit Huawei. La Grande-Bretagne estime que la Chine n’a pas encore dit toute la vérité sur l’origine du coronavirus, ce qui a conduit à des mesures aussi drastiques. La Grande-Bretagne et les États-Unis, en particulier, ont fait pression sur l’UE pour qu’elle interdise complètement Huawei.

Après l’interdiction de Huawei par la Grande-Bretagne, la société a répondu en disant que « c’était une mauvaise nouvelle pour la Grande-Bretagne elle-même » et que cela « serait préjudiciable aux clients britanniques de la téléphonie mobile ».

En guise de représailles, la Chine envisage maintenant de mettre des obstacles sur le chemin de Nokia et Ericsson, ce qui les empêchera effectivement d’envoyer des produits fabriqués en Chine vers d’autres pays. Étant donné que la Chine est le centre de la fabrication technologique, cette décision réduirait fortement les activités des deux entreprises. La plus grande crainte pourrait être une interdiction des entreprises technologiques américaines et britanniques, dont la plupart dépendent presque entièrement de la Chine pour leur production.

L’UE s’est positionnée sur la question début 2020

En janvier 2020, l’UE a donné à tous ses pays la possibilité de « restreindre ou d’exclure » les entreprises 5G à haut risque comme Huawei. Suite à cela, la France, l’Italie et la Belgique ont partiellement interdit Huawei.

Ailleurs en Asie, le voisin du sud de la Chine et le marché internet qui connaît la plus forte croissance au monde, l’Inde, a elle aussi fait peser une lourde charge sur les entreprises chinoises. Toutefois, les interdictions de l’Inde sont liées à l’intrusion de la Chine sur les frontières longtemps contestées entre les deux sociétés. Comme mesure directe, l’Inde a interdit indéfiniment 59 applications chinoises populaires dans le pays. Parmi les mesures d’interdiction plus récentes, citons l’interdiction pour les entreprises chinoises de participer à des appels d’offres portant sur des infrastructures essentielles, ainsi que l’interdiction pour Huawei de fournir des équipements aux entreprises de télécommunications d’État.