Malgré les ultimatums du Brexit, le Royaume-Uni et l’UE s’entendent sur un accord

Alors que les négociations commerciales du Royaume-Uni avec l’Union européenne semblent se diriger vers un précipice, il y a des raisons de penser que les choses ne sont pas aussi sombres qu’elles le paraissent.

En apparence, la politique de la corde raide est claire : mardi, l’UE a mis Boris Johnson au défi de quitter les négociations avant l’échéance du 15 octobre s’il considère qu’un accord est impossible. Le lendemain, le gouvernement de M. Johnson a déclaré qu’il avait la ferme intention de le faire, si c’est ce qu’il conclut.

Les semaines qui ont suivi ont vu les déclarations des deux parties se contenter de réitérer la nécessité de continuer à essayer, car le fossé entre elles reste énorme. Mercredi, le président du Conseil de l’UE, Charles Michel, a exhorté le Royaume-Uni à « mettre cartes sur table ».

De l’optimisme en coulisses

Pourtant, en privé, les fonctionnaires sont plus optimistes. Si les politiques sont incontournables – et peuvent encore être définitives – les négociateurs expérimentés savent que parfois les pires moments se produisent peu avant qu’un accord ne soit conclu.

Ils se souviennent de l’appel téléphonique de Johnson avec la chancelière allemande Angela Merkel en octobre 2019, qui a incité un initié du gouvernement britannique à informer que, en raison de son intransigeance, un accord sur le retrait du pays de l’UE était effectivement impossible. Un accord a été conclu neuf jours plus tard.

Les deux parties tentent à présent de parvenir à un accord non seulement sur leurs futures relations commerciales, mais aussi sur toute une série de questions allant de la coopération en matière d’application des lois aux transports. Si un accord n’est pas conclu avant que le Royaume-Uni ne quitte le marché unique et l’union douanière de l’UE le 31 décembre, les entreprises seront aux prises avec les droits de douane, les coûts et les perturbations à la frontière.

Inventaire des stocks

M. Johnson a déclaré que s’il ne voit pas qu’un accord est en vue d’ici le 15 octobre, il mettra fin à l’opération afin que les entreprises aient le temps de se préparer.

L’UE, dont les dirigeants discuteront de Brexit lors d’un sommet le même jour, ne reconnaît pas cette échéance et prévoit de poursuivre les discussions aussi longtemps qu’il le faudra.

Les fonctionnaires de Bruxelles qui connaissent les négociations laissent entendre qu’une chorégraphie élaborée est en cours d’élaboration, dans laquelle, malgré les quelques divergences qui subsistent, les deux parties trouveront un moyen de poursuivre les discussions jusqu’à la deuxième quinzaine d’octobre.

Le sommet sera un simple exercice de « bilan », qui n’entravera pas les négociations.