Strasbourg bientôt délaissée par le Parlement Européen ?

L’Union Européenne doit envisager de faire de Bruxelles la seule base du Parlement européen, en rompant ses liens historiques avec Strasbourg, pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2030, a conseillé un rapport interne.

Les raisons de cette recommandation

Cette décision impliquerait une modification du traité et un conflit majeur avec le gouvernement français, mais les auteurs de l’étude affirment qu’il est clair que l’UE doit « rationaliser » malgré l’importance symbolique de la ville alsacienne en tant que symbole de la réconciliation franco-allemande.

Le Parlement européen siège à Strasbourg pendant trois jours et demi douze fois par an, ce qui implique un grand déménagement mensuel de 2 400 députés européens, assistants, chauffeurs et personnel du Parlement, ainsi que des journalistes et des lobbyistes. Les députés européens et leur personnel travaillent par ailleurs à Bruxelles et dans leurs circonscriptions.

Le rapport, commandé par la commission de l’environnement du Parlement, affirme que la pandémie de Covid-19 a donné une « image de ce à quoi pourraient ressembler les conditions de travail et de fonctionnement du Parlement européen en 2030« .

Une décision sera prise dans les 10 prochaines années

A la frustration du président français, Emmanuel Macron, le Parlement ne siège plus à Strasbourg depuis février en raison de la crise sanitaire. Il a récemment déclaré que si le Parlement ne revenait pas à Strasbourg, l’UE serait « foutue« .

Selon les auteurs du rapport, une décision sur l’avenir de Strasbourg, qui ne compte qu’un petit nombre d’agents permanents travaillant même en temps normal, devrait être prise dans les six à neuf ans.

« Au lieu de ses trois sites actuels [Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg], dans une logique de neutralité carbone, il est évident que le Parlement européen doit envisager de fonctionner sur un seul site« , écrivent les auteurs de la direction générale des politiques internes de l’UE.

La réévaluation est considérée comme l’une des mesures nécessaires pour atteindre la neutralité des émissions de carbone d’ici 2030, un objectif adopté dans une résolution de la chambre, selon le rapport.

Le Parlement prétend être neutre en matière d’émissions, car il compense son empreinte carbone par des paiements financiers à des projets d’économie d’énergie au Ghana, en Ouganda et au Malawi.

Le rapport note que le Parlement européen a fait des recommandations répétées en faveur de la fin des séances de Strasbourg.